UN LIEU D’HISTOIRE

En 1975, l’architecte Jean Delhaye, qui fut un élève et un collaborateur de Victor Horta, attira l’attention des pouvoirs publics sur les anciens magasins Waucquez, devenu un chef d’œuvre en péril. Grâce à son intervention, le bâtiment fut classé. Restait à lui trouver une affectation respectueuse de son architecture et… les moyens de cette rénovation! En 1983, à l’instigation de quelques passionnés d’urbanisme (Jean Breydel) et de bande dessinée (Guy Dessicy), le Ministre belge des Travaux Publics acheta le bâtiment avec l’objectif de trouver les moyens de le rénover et d’en faire le premier Centre Belge de la Bande Dessinée.

Plus de vingt ans ont passé depuis l’ouverture au public du Centre Belge de la Bande Dessinée, le 6 octobre 1989. Vingt années au service de la BD et de l’Art Nouveau. Vingt années à tisser des liens entre l’univers des réalisateurs de bande dessinée et leur public. Outil de promotion et de conservation, producteur et cadre d’expositions, centre de documentation, ambassadeur culturel… le Centre Belge de la Bande Dessinée est devenu un grand musée à vocation internationale et une des attractions les plus courues de Belgique.

Victor Horta (1861 – 1947).

Fils d’un cordonnier gantois, Victor Horta adorait la musique, ce qui ne l’empêcha pas d’être renvoyé du Conservatoire pour indiscipline à l’âge de douze ans. Inscrit à l’Académie de Gand, section architecture, il remporta sa première médaille à l’âge de quinze ans. Deux ans plus tard, il partit pour Paris où il résida pendant plus d’une année dans l’atelier du peintre-décorateur Jules Dubuysson. Rentré au pays, il devint l’élève de l’architecte Balat (les Serres de Laeken), tout en commençant à accumuler les prix.

En 1885, il construisit ses premières maisons. Mais c’est avec la Maison Tassel (1893) qu’éclata la profonde originalité de Victor Horta: il invente alors un langage décoratif totalement neuf qui sera repris dans toute l’Europe jusqu’à l’aube de la Grande Guerre.